LA BD AU JAPON, OTOMO et la BD


Au Japon, avant qu’une bande dessinée (ou manga) s’exhibe sur les étalages d’une librairie, elle paraît, de manière fractionnée, dans les pages des magazines, énormes pavés, fait de papier recyclé et de qualité hautement inférieure, à hauteur de 10 – 15 planches hebdomadaires ; les magazines sortent généralement toutes les semaines, voir tous les 15 jours, dans les kiosques nippons.

Ces pavés se comptent par dizaines au Japon, les plus connus étant Jump Comics, Shonen Comics, Young Magazine, et bien d’autres qui à eux tous doivent peut être représenter 50 millions d’exemplaires, si ce n’est pas plus ; ils contiennent chacun quelque 300 pages (ceci dépend de la maison d’édition) et nous montrent les mangaka du moment.
Une fois que les semaines se sont écoulées, et que le nombre de planches, pour un titre donné, est suffisant, on les regroupe pour en faire le manga. Au Japon, donc, lorsqu’une BD paraît en librairie, elle est généralement connue de son publique puisque ce dernier l’a contemplée dans sa version magazine, dans sa version pavé ; même si des différences surviennent généralement entre ces deux dernières.

Un auteur est donc contraint, s’il veut rester présent dans les pages des pavés et être continuellement lu par ces lecteurs, de pondre dix planches (voir plus) par semaine, et ainsi espérer être reconnu (la reconnaissance ne touchant malheureusement que certains !). Le rythme peut paraître rude (il l’est) mais il permet au moins à la BD japonaise de posséder cette richesse unique au monde, et surtout d’être la seule BD sur Terre à se rapprocher le plus de l’essence artistique : Les BD japonaises sont des œuvres d’art.

Otomo n’a bien évidemment pas échappé à cette règle, il a dans un premier temps œuvré pour Manga Action, puis petit à petit s’est tourné vers Young Magazine en passant par Young Comics, certains de ces titres sont même sortis sous d’autres labels, mais c’est avant tout pour ces trois maisons qu’Otomo a produit (Akira paraîtra d’ailleurs intégralement dans les pages de Young).

A chaque parution dans le magazine, que ce soit une histoire courte dans son intégralité ou un chapitre d’une de ses histoires longues ; Otomo introduisait les planches parues par une page titre. Vous ne découvrirez, dans l’artographie présente, les récits d’Otomo qu’au travers de ces pages titre. Certaines peuvent paraître assez simplistes, mais la plupart d’entre elles sont de véritables chefs d’œuvre qui demandèrent une quantité considérable de temps à Otomo.

En ce qui concerne les retranscriptions de ses planches dans des livres de type manga, l’ensemble des histoires courtes furent regroupées dans des recueils d’histoires, dont le premier s’intitule Short Peace et le dernier en date Otomo Anthology 2. Akira est paru à échelle de 6 volumes de 300 - 400 pages. Pour les recueils, les pages titre ont été réutilisés pour introduire chaque contine ; pour Akira, ces pages titres ont disparu des planches de la version Deluxe, ce qui représente quand même plus de 120 dessins, toutes de haute qualité, disparus. Pas tout à fait vue qu’elles nous seront révélées dans l’Akira Club.

L’artographie parle des histoires de leur version manga, je ne possède aucun magazine où pu être publié une des oeuvres d’Otomo. Je ne serais vous dire s’il y a eu beaucoup de modifications de la part de l’auteur entre les deux versions. Je pense que pour les histoires courtes Otomo n’a pas du faire de correction, contrairement à Akira où de nombreuses retouches, d’innombrables rajouts et modifs, ont du être effectués.